16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 22:13

 

Article modifié le 22/02/12

 

 

Extraits du blog européen de Jean-Luc Mélenchon  

 

 

Lundi 30 Janvier (...) 25 Etats membres de l'UE se mettaient d'accord pour valider un traité « sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’union économique et monétaire » (TSCG) visant à imposer une règle d'or renforcée aux Etats.

  

Les chefs d'Etat et de gouvernement des 25 ont prévu de le signer le 1er Mars prochain et de le ratifier avant le 1er Janvier 2013.

 

 

Avec l'ensemble des partis de l'autre gauche européenne, le Front de Gauche fait campagne contre ce traité et demande la tenue d'un référendum sur sa ratification.

 

 

La tenue d'un tel référendum en France est possible, il suffit pour cela qu'un cinquième des membres du Parlement, soutenus par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales en prenne l'initiative (article 11 de la Constitution). La bataille pour un référendum commence maintenant !

 

[ Mais aussi le Gouvernement peut en prendre l'initiative lui-même comme en 2005 sous l'impulsion du Président de la République ]

...

Assistance financière: attention menace !

 

- D'un côté, le texte insiste sur le fait que "le contenu du présent traité ne doit en aucun cas affecter les conditions de politique économiques en vertu desquelles une assistance financière a été octroyée" à un Etat par l'UE et le FMI (considérant)

 

- De l'autre, il est indiqué qu'à partir du 1er Mars 2013, aucune aide financière ne sera octroyée au titre du mécanisme de stabilité financière si l'Etat concerné n'a pas ratifié le traité ! Pire : ce n'est pas seulement sa transposition mais son application dans les temps (1 an après l'entrée en vigueur du traité dans le pays) qui sera nécessaire ! (considérant)

 

Respect de la règle d'or :

 

c'est 3% de déficit public et 0,5% de déficit structurel maximum… Problème: il n'existe pas de définition fixe du "déficit structurel". En Avril 2011, dans son rapport sur la dette publique française, l'OCDE appelait encore à une harmonisation de la définition du "déficit structurel" .

Une petite place pour le Parlement européen

 

Une nouveauté datée du 19 Janvier 2012.

- Une possibilité : le président du Parlement européen invité aux sommets de la zone euro
N'allez pas croire qu'il y soit invité à tous les coups ou qu'il y ait un quelconque pouvoir. C'est bien écrit " le président du Parlement européen peut être invité pour être entendu ". Les chefs d'Etat ont donc la possibilité de l'inviter pour l'auditionner. (article 12.4)

   

- Une obligation : le Président de la Zone euro devra aussi rendre rapport devant le Parlement européen après chaque sommet de la zone euro (article 12.4)

 

-Cela ne donne pas franchement plus de poids au Parlement européen mais au moins aura-t-il l'assurance d'être informé.

Par contre ça institutionnalise un peu plus ce président de la zone euro et ces sommets.



Incorporer le traité au traité de Lisbonne

 

Depuis le 6 Janvier il est clairement stipulé qu'au plus tard 5 ans après son entrée en vigueur, une initiative doit être prise pour permettre cette incorporation (article 14.6)

A noter: En Juin 2011, le déficit structurel de la France était de 3,9% du PIB selon la Commission européenne (quoique la Cour des Comptes discute les chiffres de la Commission estimant que la France n'a pas réalisé les efforts structurels que lui attribue la Commission). Le ramener à 0,5% du PIB suppose une réduction d'environ 74 milliards d'euros soit environ 14 milliards de plus que le budget de l'éducation nationale !

...

 

La Cour européenne de Justice sanctionnera les Etats qui ne transposent pas la règle d'or dans leurs Constitutions 

 

- La Commission européenne désignera les Etats qui devront être jugés par la CJUE : Il est prévu prévoit la Commission fasse un rapport sur la mise en place par les Etats membres de l'article 3.2 du traité (constitutionnalisation de la règle d'or et mise en place d'un mécanisme national automatique de correction défini par la Commission et sous le contrôle d'autorités nationales indépendantes)

...

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 21:41
    sur le blog de Jean-Luc Mélenchon
 
ici article modifié le 07/03/12

Historique par Bruxelles

Facilité européenne de stabilité financière (FESF) – établi en mai 2010, le FESF est un organisme intergouvernemental doté d’une capacité de prêt de 440 milliards d’euros aux États membres de la zone euro ayant besoin d’une assistance financière. Les États membres de la zone euro garantissent eux-mêmes les prêts. Le FESF sera remplacé par le MES le 1er juillet 2013.

Mécanisme européen de stabilisation financière (MESF)– également créé en mai 2010, le MESF peut prêter jusqu’à 60 milliards d’euros aux États membres de la zone euro ayant besoin d’une aide financière. Le MESF est garanti par le budget de l’Union européenne, bien que les versements effectués ne soient pas réellement prélevés sur le budget lui-même. Le MESF sera lui aussi remplacé par le MES le 1er juillet 2013.

Mécanisme européen de stabilité (MES) – ce mécanisme permanent de résolution de crise de l’UE sera opérationnel à partir du 1er juillet 2013. Il se substituera au MESF et au FESF en tant qu’instrument utilisé pour apporter aux États membres de la zone euro l’aide financière dont ils auront besoin. L’assistance sera accordée sous une stricte conditionnalité et subordonnée à un programme d’ajustement macroéconomique. Les modalités de fonctionnement du MES ont été adoptées lors du Conseil européen de mars 2011. Il aura une capacité de prêt effective de 500 milliards d’euros. Pour permettre sa création, un accord a été trouvé sur une modification de l’article 136 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne [ce n'est plus le Conseil qui décide]

Réflexions

Le Mécanisme européen de stabilité : un remède pour saigner les Etats

Ce mécanisme est présenté, de même que son prédécesseur le « Fonds européen de stabilité financière » (FESF) comme un mécanisme de solidarité entre les Etats membres de la zone euro. Certes il engage les finances des Etats au bénéfice d’autres Etats mais toute « assistance financière » est subordonnée à de « strictes conditionnalités ». Entendez par là des plans de rigueur de la troïka (Commission-BCE-FMI) dont on a pu observer les conséquences désastreuses sur la Grèce, le Portugal et l’Irlande. Ce mécanisme organise donc la casse sociale et la récession en fait de « solidarité ». D’ailleurs, les Etats sont réticents à demander une telle « assistance financière ». Mais sous la double pression de la troïka et des agences de notation, ils finissent par la demander. Sachez d’ailleurs qu’ils peuvent désormais être mis sous pression pour demander une telle assistance « par précaution ».

 

Le traité MES a été signé le 2 février 2012 par les Etats membres de la zone euro. Ce jour-là, les derniers amendements convenus le 9 Décembre 2011 et dans le cadre du nouveau traité « sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’union économique et monétaire » ont été intégrés dans le traité dont une première version avait été signée le 21 Juillet 2011.

 

Ses rédacteurs souhaitant voir ce mécanisme entrer en vigueur dès Juillet 2012, sa ratification expresse a été demandée aux Etats membres. Il y avait donc urgence à faire ratifier ce texte par les Etats ayant un droit de veto sur son entrée en vigueur (la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne qui participent au capital souscrit du MES à hauteur de plus de 10%).

  

En France où les travaux parlementaires seront clos début Mars, l’Assemblée nationale votera sur cette ratification le 21 Février

  

 [Ratifié le 21/02/12 par l'Assemblée nationale ]

 

 

Quelques remarques sur les considérants du traité :

 

- Complémentarité avec le TSCG : Il est précisé dès les [premiers] considérants, le (5), que « le présent traité et le TSCG (traité « sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’union économique et monétaire ») sont complémentaires dans la promotion de la responsabilité budgétaire et de la solidarité au sein de l'Union économique et monétaire ». Le fait que l’octroi d’une assistance financière soit odieusement conditionné par la ratification du TSCG se trouve ainsi justifié.

 

- La collaboration étroite avec le FMI : il est stipulé aussi dès les [premiers] considérants, le (8), que « le MES coopérera très étroitement avec le Fonds monétaire international ("FMI") dans le cadre de l'octroi d'un soutien à la stabilité. Une participation active du FMI sera recherchée, sur le plan tant technique que financier. Il est attendu d'un État membre de la zone euro demandant l'assistance financière du MES qu'il adresse, lorsque cela est possible, une demande similaire au FMI ». De fait le FMI est « si possible » présent à toutes les étapes (l’évaluation du risque conduisant à octroyer l’aide, la négociation du plan de rigueur, le contrôle de la mise en œuvre de celui-ci, et même lors des votes des organes décisionnels du MES où le FMI « peut être invité comme observateur »)

Comment fonctionnera le MES ?

 

Mécanisme européen de stabilité financière
(mise en place initialement prévue pour Juillet 2013, finalement Juillet 2012)

Nature

Institution financière internationale relevant du droit international public (pleine personnalité juridique) établie à Luxembourg (avec un bureau à Bruxelles)

Capacité de prêt

500 milliards d’euros (montant pouvant être augmenté par le conseil des gouverneurs)

Gestion du MES

Attention : les membres n’ayant pas versé les montants qui lui sont exigibles ne peuvent pas exercer leur droit de vote dans les organes du MES

 

- Le Conseil des gouverneurs composé des représentants des ministres des finances des Etats membres de la zone euro. Le  président de l’eurogroupe, le commissaire européen en charge des affaires économiques et monétaires et le président de la BCE y sont présents comme observateurs. Le FMI peut être invité comme observateur.

A noter : les gouverneurs doivent être nommés dans les 15 jours qui suivront l’entrée en vigueur du traité  

    

- Le président du Conseil des gouverneurs (mandat de 2 ans) qui peut être le président de l’Eurogroupe si les représentants des Etats le décident.

     

- Le Conseil d'administration est composé d’un administrateur par Etat membre désigné par son gouverneur, un administrateur observateur pour la Commission et un administrateur observateur pour la BCE. Le FMI peut être invité comme observateur.

 

 

- Le directeur général : Elu par le Conseil des gouverneurs pour un mandat de 5 ans il préside les réunions du Conseil d’administration et participe à celles du Conseil des gouverneurs. Il gère les affaires courantes conformément aux décisions des deux Conseils.

Capital

Budgets nationaux des Etats membres de la zone euro* au prorata du PIB (80 milliards versés en 5 versement annuels représentant chacun 20% du montant total à verser – 620 milliards dont 15% doivent être versés comme paiement anticipé

 

- premier versement : dans les 15 jours suivant l’entrée en vigueur du traité
- Ce montant peut être modifié par le Conseil des gouverneurs par un vote à l’unanimité
- Ce montant est immédiatement augmenté en cas de nouvelle adhésion au MES (nouvel Etat membre de la zone euro)
- en cas de retard de paiement, l’Etat membre perd son droit de vote et peut (sur décision du conseil des gouverneurs à la majorité qualifiée de 80% donc veto France et Allemagne) devoir payer des intérêts !

        

Fonds de reserve et autres fonds

Sanctions versées par les Etats membres au titre du Pacte de Stabilité et de Croissance et des procédures pour déséquilibres économiques

 

Revenus des investissements décidés par le conseil d’administration (si le MES ne procède à aucune opération d'assistance financière, tous ses gains devront être reversés, après déduction du coût de fonctionnement et des couts administratifs, aux Etats membres ; même chose si les niveaux du capital libéré et du fond de réserve sont au-dessus du niveau requis après une opération d’assistance financière)

Emprunts

Le MES est habilité à emprunter sur les marchés de capitaux (« banques, institutions financières, autres personnes et institutions ») pour réaliser ses buts.

(décision du directeur général conformément aux lignes directrices établies en la matière par le Conseil d’administration par vote à la majorité qualifiée de 80%)

Bénéficiaires

- Etats membres de la zone euro qui ont ratifié et appliqué le traité sur la discipline budgétaire (traité « sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’union économique et monétaire » dit TSCG)

 

(Les Etats qui deviendront membres de la zone euro devront devenir membres du MES)

Forme de l'assistance financière

- prêts à taux préférentiel (fixés par un vote du Conseil des gouverneurs, ils pourront être fixes ou variables mais seront toujours supérieur aux coûts de financement pour le MES et prévoiront une "marge de risque appropriée") plafond des prêts cumulés : 500 milliards (devrait être réévalué)

 

- lignes de crédits

- rachat de titres de dette sur le marché primaire

- rachat de titres de dette sur le marché secondaire (décision prise sur la base d’une analyse de la BCE constatant une situation exceptionnelle)

- prêts pour la recapitalisation des institutions financières d’un Etat membre

A noter : la liste des instruments financiers peut être modifiée par le Conseil des gouverneurs (vote à l’unanimité)

Conditions d'activation et de versement de l’assistance financière

1. Demande de l’Etat en difficulté ou « à titre de précaution » (il faut savoir que les Etats sont très largement incités voire menacés par le Commission avant de demander une « assistance financière »)

 

2. Commission et BCE « si possible en collaboration avec le FMI » évaluent le risque pour la zone euro      

  

3. Le Conseil des gouverneurs donne son accord de principe à l’octroi d’une assistance financière

Cas normaux : vote à l’unanimité
Dans les cas d’aides d’urgence : le vote à la majorité qualifiée de 85% donc Allemagne, France, Italie ont le droit de veto
     

  

4. Accord sur un plan de rigueur (dit « programme d’ajustement ») élaboré et négocié entre l'Etat demandeur d'assistance et la BCE et la Commission européenne « lorsque cela est possible conjointement avec le FMI . La Commission signe le protocole d’accord au nom du MES.

 

5. Décision du Conseil d’administration (qui comprend échéancier etc) sur l’octroi du prêt

Cas normaux : majorité qualifiée de 80% : Allemagne et France ont droit de veto dans le cas d’un Etat en difficulté ; unanimité requise dans le cas d’une assistance « à titre de prévention »
Dans les cas d’aides d’urgence : le vote à la majorité qualifiée est de 85% donc Allemagne, France, Italie ont le droit de veto

     

6. La Commission et la BCE « lorsque cela est possible conjointement avec le FMI » contrôlent le respect du plan d'ajustement, respect auquel l'octroi des différentes tranches du prêts est subordonné (le Conseil d'administration vote à l’unanimité le versement des différentes tranches d’aide sur la base du rapport de contrôle)

Garanties

- budgets des Etats membres de la zone euro

Immunité

Tout le personnel est à l’abri de poursuites à l'égard d'actes accomplis en qualité officielle, sauf si simplement le directeur général en décide autrement pour les simples agents du MES (pour le président du conseil des gouverneurs, un gouverneur, un gouverneur suppléant, un administrateur, un administrateur suppléant ou le directeur général c’est le Conseil des gouverneurs qui statue)

 

Les archives et les documents du MES ainsi que ses locaux sont inviolables.

La propriété, le financement et les actifs du MES, où qu'ils se trouvent, sont exempts de perquisition, réquisition, confiscation, saisie, par une action de l'exécutif, judiciaire, administrative ou législative

Secret professionnel

Tous les membres et employés du MES sont contraints au secret professionnelle avant et après la cessation de leurs fonctions

Impôts

-Les agents du MES sont soumis à un impôt interne perçu au profit du MES sur les salaires et émoluments payés par le MES. Cet impôt est fixé par le conseil des gouverneurs

 

-Le MES, ses revenus, avoirs, biens et opérations autorisés par le traité MES sont exonérés d’impôt direct

Transition avec le FESF

Entre l’entrée en vigueur du traité MES (prévue en Juillet 2012) et la dissolution du FESF (Juillet 2013) la capacité de prêt totale MES+FESF ne dépasse pas 500 milliards d’euros

 

Le MES peut acquérir les droits et assumer les obligations du FESF si le Conseil des gouverneurs le décide

Entrée en vigueur

Dès que les Etats représentant 90% du capital souscrit l’auront ratifié (droit veto : Allemagne, France, Italie et Espagne).

 

Si possible : en Juillet 2012

Voilà pourquoi il est aussi urgent pour les tenants de ce traité de faire passer tout ça vite et sans débat public dans nos assemblées françaises

*La clé de répartition pour le capital du MES est le même que pour celui de la BCE, soit:

Pays: Clé MES

Allemagne: 27,146
Autriche: 2,783
Belgique: 3,477
Chypre: 0,196
Espagne: 11,904
Estonie: 0,186
Finlande: 1,797
France: 20,386
Grèce: 2,817
Irlande: 1,592
Italie: 17,914
Luxembourg: 0,250
Malte: 0,073
Pays-Bas: 5,717
Portugal: 2,509
Slovaquie: 0,824
Slovénie: 0,42

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 17:25
Europe1.fr fait le point sur la réalité historique des propos polémiques de Christian Vanneste.
Dans une vidéo mise en ligne sur le site LibertePolitique.com, le député Christian Vanneste évoque "la fameuse légende de la déportation des homosexuels" lors d'une diatribe contre le lobby homosexuel en France.
Révélés par Le Lab d'Europe 1, ces propos ont suscité de vives réactions dans son propre camp et des menaces d'exclusion planent désormais sur le député du Nord.
Cet habitué des dérapages homophobes a reçu le soutien inattendu de Serge Klarsfeld, défenseur reconnu de la cause des déportés, qui a assuré à son tour qu'il n'y a pas eu de déportation d'homosexuels en France pendant la Seconde Guerre mondiale.
Europe1.fr fait le point avec Régis Schlagdenhauffen, auteur en 2011 de Triangle rose. La persécution nazie des homosexuels et sa mémoire, Paris, Collection Sexes en tous genre, Editions Autrement.
Les propos de Christian Vanneste:
"Il y a aussi des légendes qui sont répandues, par exemple la fameuse légende de la déportation des homosexuels. Il faut être très clair là aussi. Manifestement Himmler avait un compte personnel à régler avec les homosexuels. En Allemagne il y a eu une répression des homosexuels et la déportation qui a conduit à peu près à 30.000 déportés et il n'y en a pas eu ailleurs, et notamment en-dehors des trois départements annexés, il n'y a pas eu de déportation d'homosexuels en France. On peut même rappeler si on veut être méchant que quand les intellectuels français vont présenter leurs hommages à Monsieur Goebbels, il y en a quand même la moitié qui sont homosexuels, et notamment avec à leur tête Monsieur Anel Bonnard dont tout le monde savait qu'il était homosexuel (…) il faut relativiser tout ça, ils ont un art consommé de déformer la réalité."
Des homosexuels français ont-t-ils été déportés ?
Oui mais "la question est complexe", prévient d'emblée Régis Schlagdenhauffen. La France n'a jamais clairement condamné l'homosexualité. Même si des arrestations d'homosexuels ont eu lieu, le motif invoqué pour les justifier n'est quasiment jamais celui-ci. On ne peut dès lors pas parler de persécution systématique des homosexuels.
Les chercheurs ont retrouvé, en croisant les archives, moins de dix cas de personnes arrêtées pour homosexualité qui ont ensuite été déportées.
"Dans les grilles remplies par l'administration, on pouvait indiquer 'juif' ou 'résistant' mais la mention 'homosexuel' n'existait pas", explique Régis Schlagdenhauffen. Les homosexuels qui étaient arrêtés étaient donc déportés pour d'autres motifs.
Le chercheur Mickaël Bertrand recense pour sa part 62 Français déportés pour homosexualité (22 arrêtés en Alsace-Moselle, 32 au sein du Reich où ils se trouvaient dans le cadre du Service du travail obligatoire, un dans un lieu indéterminé et sept en zone occupée).
Qu'en était-il justement en Alsace-Moselle?
Dans cette région annexée, les lois allemandes s'exerçaient et elles réprimaient clairement l'homosexualité. En Alsace-Moselle, "environ 200 hommes ont ainsi été arrêtés, emprisonnés et/ou déportés" au motif de leur homosexualité, indique le chercheur Régis Schlagdenhauffen.
C'est bien la mention "homosexuel" qui figure sur les listes de déportés les concernant.
Existe-t-il un consensus à ce sujet?
Pas vraiment. C'est la Fondation pour la Mémoire de la Déportation qui a travaillé sur la déportation, depuis la France, d'un certain nombre d'homosexuels dont elle a pu retracer le parcours. Ces recherches ont été menées par une équipe basée à Caen. Pendant longtemps, peu de chercheurs se sont penchés sur cette question.
Les historiens reconnaissent pour la plupart la déportation d'homosexuels, comme d'autres minorités, mais sans évoquer de persécution systématique.
Au-delà de la communauté historienne, les propos de Christian Vanneste et les réactions qu'ils ont suscités rappellent combien cette question est sensible sur le plan politique. Jacques Chirac avait été en 2005 le premier Président à reconnaître publiquement la déportation des homosexuels de France pendant l'Occupation. "En Allemagne, mais aussi sur notre territoire, celles et ceux que leur vie personnelle distinguait, je pense aux homosexuels, étaient poursuivis, arrêtés et déportés", avait déclaré le chef de l'Etat lors des célébrations de la Journée nationale de la Déportation. Lionel Jospin avait également évoqué la question dès 2001.
Existe-il des cas d'homosexuels revenus des camps et qui ont témoigné de leur persécution ?
Oui, le plus célèbre était Pierre Seel, décédé en 2005. D'origine alsacienne, il a été déporté dans le camp de redressement de Schirmeck. Il a écrit en 1994 un ouvrage sur son histoire, Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel.
Rudolf Brazda, natif de Brossen en Saxe (aujourd'hui l'Allemagne), est un autre "triangle rose", comme on appelait les personnes déportées en raison de leur orientation sexuelle. Installé en France à partir de 1945, il a lui aussi beaucoup lutté pour faire reconnaître le motif de son arrestation. Il est mort en 2011.
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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 12:12

 

Si on voulait résumer l'ensemble des devoirs d'un être humain ce serait d'être responsable de ses actes.

 

C'est son obligation majeure.

 

 

O comme Obligation

 

 

Il doit assumer avec satisfaction les conséquences positives de ses comportements, comme évidemment reconnaître et endosser les méfaits de ses devoirs non accomplis.

 

Il peut aussi avoir une responsablité importante en dehors de toute faute, à cause de sa position ou à travers sa fonction.

 

Quoi de pire qu'une irresponsabilité collective devant une catastrophe technologique ou un désastre moral ?

 

Cette notion d'obligation à la responsabilité vient à propos réveiller nos consciences.

 

En effet, dans les dernières décennies, le progrès technologique a donné l'impression que des machines remplaceraient l'Homme et surtout sa capacité d'arbitrer devant une situation à risques, ce qui se produit tous les jours.

 

L'informatique nous montre quotidiennement que se fier uniquement à des stocks d'informations conduit à d'immenses sottises, à des absurdités, à des contradictions (ne serait-ce que par le renvoi à l'aide de mots-clés dont les significations dès le départ divergent).

 

Hélas, le progrès technique n'est plus le seul veau d'or à adorer.

 

On a trouvé mieux, c'est l'argent.

 

Certes, sans argent du tout on ne peut pas faire grand'chose.

 

Mais faire de l'argent le moteur de tout maintien de civilisation, c'est cauchemardesque.

 

L'irresponsbilité absolue est assurée :

 

-pour l'emploi, pas d'argent,

-pour l'éducation, pas d'argent,

-pour les services publics, pas d'argent,

-l'industrie délocalise, pas d'argent,

-pour les retraites, pas d'argent,

-pour défendre la santé, pas d'argent,

-les énergies ? pas d'argent,

-reconvertir le nucléaire, il ne faut pas y penser, c'est trop cher, etc.

 

Se sentir responsable ce n'est pas attendre ou craindre des sanctions, ce qui est complètement inefficace, mais c'est prendre les devants, anticiper, prévenir.

 

Quand on n'a pas accompli un devoir, tout le monde le dit, la plus cruelle des sanctions c'est d'avoir voulu échapper à sa responsabilité.

 

Il va falloir que les politiques se sentent responsables de la société et non plus nous montrer chaque jour qu'ils sont les marionnettes de la finance.

 

Le Programme de A à Z est une écriture dont l'origine entière est celle du site Coordonne6 ou Le blog de corde6   

 

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 18:32

Après la démission de six ministres, le gouvernement a adopté les nouvelles mesures réclamées par la zone euro. Le Parlement doit examiner le texte dimanche soir alors que la pression de la rue augmente.

Les Grecs sont en colère. Plus rien ne les arrête. Armés de banderoles, de haut-parleurs et de drapeaux, des milliers de Grecs se sont rassemblés vendredi place Syntagma, face au Parlement. Fini le temps des quolibets moqueurs, des étudiants aux retraités, tous vocifèrent:«kleftes, kleftes!» (voleurs, voleurs!). Ils menacent directement leurs députés, appelés à se prononcer, dimanche, sur l'adoption des nouvelles mesures d'austérité exigées par les créanciers du pays.

Sous pression de la rue et des partis, les ministres du gouvernement Papademos ont donné leur démission les uns après les autres, vendredi. Après le départ de Giannis Koutsoukos, le vice-ministre du Travail, qui considère que le plan de rigueur est «insoutenable pour les travailleurs», les partis politiques sont en ébullition. Le leader du LAOS, parti d'extrême droite (16 députés sur 300), a retiré son soutien à la coalition nationale. Ses quatre ministres, dont le ministre de la Défense, ont immédiatement démissionné du gouvernement. Le chef du gouvernement tentait en vain de les retenir.

Le gouvernement, réduit après cette vague de démissions, a tenu bon. Il a adopté les mesures supplémentaires demandés par les ministres de la zone euro, vendredi tard dans la soirée. «Il y a eu une approbation unanime» de l'accord , a indiqué le bureau du Premier ministre. selon l'agence de presse Athens News Agency (ANA), le texte a été transmis aux députés. Les chefs des partis du gouvernement de coalition ont appelé samedi leurs troupes à adopter les réformes.

Au lieu d'une simple formalité, le vote au Parlement est plus incertain que jamais. Le déblocage des 130 milliards d'euros par l'Union européenne et le Fonds monétaire international en dépend pourtant. Mais c'est justement là que le bât blesse. «Ils ne peuvent pas voter notre mort. Sauver la Grèce pour tuer les Grecs avec des salaires de misère!»,scande Katerina, une fonctionnaire de 55 ans, avant d'appeler à la résistance. «Ces politiciens sont responsables de la dette, pas nous. C'est du chantage, on nous manipule. Ils sont à mettre dans le même sac que la troïka!», renchérit-elle.

La police menace le FMI

Dans cette atmosphère très tendue, les représentants de l'UE et du FMI sont devenus la cible privilégiée des manifestants, mais aussi celle de la police. Le syndicat des policiers grecs a lancé un mandat d'arrêt contre la troïka pour motif de «destruction de la cohésion sociale».

Babis Papadimitriou, analyste politique, réfute les rumeurs d'un coup d'État colportées par certains diplomates occidentaux en poste à Athènes, tout en reconnaissant une crise du système. «Le problème politique en Grèce est plombé par deux aspects. D'abord les politiques réalisent que cette fois-ci, ils devront véritablement appliquer les réformes, ensuite dépendants des prochaines élections législatives prévues avant l'été, ils ne veulent pas endosser le coût politique de la rigueur», explique-t-il. Aujourd'hui les partis conservateur et socialiste réunissent leurs comités de direction pour décider de leur position pour le vote de dimanche. Tous les syndicats du pays et les Indignés appellent à un rassemblement au moment du vote, ce même jour.Les capitales européennes sont inquiètes. Leur ultimatum lancé à l'Eurogroupe de jeudi soir a plongé la Grèce dans un chaos à l'issue incertaine.«Laisser la Grèce dans une situation de défaut aurait des conséquences incalculables», a mis en garde Angela Merkel, jeudi, devant les députés du Bundestag, appelés à voter sur le second plan de sauvetage de la Grèce le 27 février.

 

Sur LeFigaro.fr Economie ainsi que le commentaire suivant :

 

Dette Indigne de Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné, éditions Jean-Claude Gawsewitch : qui sont les coupables ? Quelles sont les solutions ?

« Euro-obligations », « règle d'or », « gouvernance européenne », « fédéralisme budgétaire »... la crise de la dette qui ébranle la France et l'Europe donne lieu à une inflation sans précédent de termes économico-financiers dans les médias et dans les discours des dirigeants politiques.
Pour les citoyens, ce vocabulaire, souvent obscur, dissimule une seule et même réalité : un gigantesque mouvement de transfert des dettes privées (en particulier celles des banques) vers les dettes publiques pour essayer de faire payer la facture de la crise aux peuples européens, aux Grecs, aux Irlandais, aux portugais, aux Espagnols, aux Italiens mais aussi à l'immense majorité des habitants de notre pays.

Comment en est-on arrivé à une telle situation ? Sur quoi repose la dette publique ? Quel est le lien entre la dette et les déficits publics ? Qui sont les créanciers des Etats ? Des petits porteurs, des banques, des compagnies d'assurances, des fonds spéculatifs ? Pourquoi les agences de notation font-elles trembler les gouvernements ? Faut-il à tout prix « rassurer les marchés financiers » ? Nos enfants supporteront-ils le poids de cette dette sur « leurs frêles épaules » ? D'autres solutions sont-elles possibles ?

En 10 questions et 10 réponses, les auteurs analysent de manière didactique les mots et les maux de la crise actuelle, décryptent ses causes et ses enjeux et proposent des solutions.

Non ! Les conceptions du FMI, des banquiers, des responsables européens et de Nicolas Sarkozy ne sont pas une fatalité.

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 21:03

LETTRE OUVERTE A M. CLAUDE GUEANT,
MINISTRE DE L’INTERIEUR

M. le Ministre,

Votre venue en Martinique dans les jours qui viennent, m’oblige à vous rappeler que cette terre a vu naître Aimé Césaire, Frantz Fanon, Edouard Glissant. Qu’elle a été aimée par des hommes aussi admirables que furent Victor Schœlcher, André Breton, Léopold Sedar Senghor, Claude Lévi-Strauss, et de manière plus proche encore, par Léopold Bissol, Georges Gratiant, ou Camille Darsières, pour ne citer que quelques-uns de nos grands politiques.

Ces hommes furent de grands humanistes. Leur vie et leurs combats se sont situés en face de ces crimes que furent la traite, l’esclavage, les génocides amérindiens, les immigrations inhumaines, ou la colonisation dans tous ses avatars… Tous ont combattu la pire des France : celle qui justifiait les conquêtes et les exploitations, et bien d’autres exactions dont les cicatrices sont inscrites dans nos paysages. Cependant, je n’ai jamais entendu un seul de ces hommes lister ces attentats pour décréter que la civilisation européenne, ou que la culture française, serait inférieure à n’importe quelle autre. Je ne les ai jamais entendus prétendre que le goupillon de la chrétienté (qui a sanctifié tant de dénis d’humanité) serait plus primitif que tel bout liturgique d’une religion quelconque.

 

Toujours, ces hommes ont établi la distinction entre cette France de l’ombre et la France des lumières. Pour combattre l’ombre qui menaçait leur humanité même, ils se sont référés à la France de Montaigne, de Montesquieu, de Pascal, de Voltaire, de Condorcet ; à celle qui s’est battue pour abolir la traite, puis l’esclavage, qui a supprimé la peine de mort du code de ses sentences ou qui a accordé aux femmes le droit de vote et celui de disposer de leur maternités… A s’en tenir à votre logique, ils auraient eu mille raisons de condamner la civilisation occidentale, et de renvoyer aux étages inférieurs bien des cultures européennes.

 

Voyez-vous M Guéant, vos chasses à l’immigré (qu’il soit en règle ou non), ou la hiérarchisation que vous célébrez sans regrets ni remords entre les cultures et les civilisations, vous ont enlevé la légitimité dont a pourtant besoin votre prestigieuse fonction. Vous portez atteinte à l’honneur de ce gouvernement, et à l’image d’une France qui visiblement n’est pas la vôtre, mais que nous, ici, en Martinique, avons appris à respecter.

Toutes les civilisations ont produit, et de manière équivalente, des ombres et des lumières. Mais si les ombres n’ont jamais triomphé très longtemps, si beaucoup d’entre elles ont disparu dans les oubliettes de l‘histoire (en compagnie de régimes politiques ou religieux quelque peu lamentables), c’est simplement parce que des hommes de bon sens, pétris d’humanisme et de haute dignité, ont exalté les parts lumineuses que toutes les civilisations de l’homo-sapiens ont mises à notre disposition.


Les civilisations se sont nourries de leurs lumières mutuelles pour mieux combattre leurs propres ombres. Dans une transversale célébration et de grande foi en l’Homme, ces hommes ont honoré les lumières d’où quelles viennent ; les lumières se sont reconnues entre elles; leurs signaux réciproques ont conservé intact (de part et d’autre des lignes de partage ou de conflit) un grand espoir d’humanité pour tous. Grâce à eux, nous savons qu’il est dommageable de considérer l’ombre, ou de s’en servir à des fins qui ne grandissent personne. Ils nous ont donc appris à nous écarter de ceux qui l’utilisent, et qui, par là même, la transportent avec eux.

 

M. Guéant, fouler le sol martiniquais, c’est toucher une terre que des hommes comme Aimé Césaire ont fécondé de leur sang. Un sang qui s’est toujours montré soucieux de l’humanisation de l’homme, du respect des civilisations et de leurs différences.

 

Ce serait donc comme une injure à leur mémoire, à leur pensée, à leurs actions, que de vous laisser une seule minute imaginer que vous serez le bienvenu ici. C’est par-dessus vous, et du plus haut possible, que nous renouvelons à la France des lumières toute notre considération, et confirmons notre respect pour les valeurs républicaines qui, contrairement à celles dont vous êtes le héraut, sont à jamais très opportunes chez nous.

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 18:09

Lorsque quelqu'un dit NON, on imagine assez bien la diversité de la cause du refus avant d'en faire un diagnostic précis.

 

Mais en politique, quelle peut être la signification d'un NON ?

 

 

N comme dire NON

 

 

Somme toute la base même de l'expression en démocratie est de donner à la volonté générale la  possibilité de répondre par OUI ou par NON à une question, un projet de gouvernement, ou une proposition de loi préparée par une assemblée.

 

Par le vote, un nombre de OUI ou de NON égal ou supérieur à 50% plus une voix se dégage. Après les comptes, le résultat doit permettre d'orienter les travaux à venir en fonction des souhaits de la majorité des citoyens.

 

Nous n'avons pas souvenir  que durant les dernières décennies un exécutif ou un législatif ait pu remettre en cause le résultat d'une consultation citoyenne.

 

L'exception à ce principe découle du référendum sur le Traité constitutionnel européen de 2005 rejeté par 55% des citoyens français.

 

Selon la philosophie politique de tradition démocratique -qui proclame la suprématie de la volonté générale- tout exécutif a le devoir d'en tenir compte. Aussi, quand bien même nous nous serions mal expliqués, aucune excuse ne peut exempter l'exécutif de son rôle essentiel.

 

Pourtant les arguments ne nous manquaient pas.  Faut-il les rappeler ?

 

- un libre-échange excessivement débridé, que ce soit financier ou commercial -concurrence libre et non faussée- cité tous les trois ou quatre articles,

 

-  le poids dominant du marché écrasant tout le reste, la charte des droits fondamentaux, les services publics, l'éducation, la culture, les avancées écologiques,

 

- tous ces principes entraînant des conséquences désastreuses comme l'absence de perspective d'harmonisation salariale et fiscale, la valse des délocalisations intraeuropéennes mais aussi à l'extérieur, avec des licenciements catastrophiques.

 

Toutes ces bases se retrouvent hélas aujourd'hui dans le Traité de Lisbonne et pire encore, dans les traités ou textes à venir.

 

Au lieu d'être reconnus, une pluie de procès de mauvaises intentions nous est tombée sur la tête. La trombe la plus féroce étant que nous ne voulions pas maintenir le climat de paix avec l'Allemagne. Sympa pour ceux qui ont vécu les années 1940, eh oui, il y a encore des survivants, y compris parmi les résistants.

 

Mais voyons pour l'avenir le sens d'un NON.

 

Bien sûr, la peur de réponses négatives répétitives peut saisir un exécutif, c'est la raison pour laquelle il doit faire lui-même un  travail d'investigations.

 

Mais c'est à l'opposition, c'est-à-dire à la minorité du présent, que revient le fait d'émettre un ou plusieurs "NON" avec sincérité, et de convaincre au-delà de sa position, car personne ne peut le faire à sa place.

 

Le Programme de A à Z est une écriture dont l'origine entière est celle du site Coordonne6 ou Le blog de corde6

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 11:02

La France et l'Allemagne ont conçu un plan pour qu'une partie des nouvelles aides accordées à la Grèce soit versée dans un compte séparé pour être réservée au remboursement de la dette, a affirmé le Financial Times sur son site internet lundi soir.

Citant un responsable français, le quotidien a indiqué que ce plan "franco-allemand" avait le soutien de la Commission européenne et de "plusieurs" pays de la zone euro.

 

Souveraineté et survie de la Grèce au sein de la zone euro

Les promoteurs de ce plan estiment qu'il s'agirait d'un bon compromis pour à la fois éviter que la Grèce brandisse la menace d'un défaut de paiement et lui permettre de garder sa souveraineté budgétaire.

La Grèce menait de front deux négociations difficiles lundi 6 février.

D'une part, le premier ministre Lucas Papademos et les partis politiques gouvernementaux tentaient de convaincre les autres partis de donner leur assentiment aux réformes exigées par l'UE et le FMI.

D'autre part, Athènes poursuivait ses discussions avec ses créanciers privés sur les conditions de l'effacement d'une partie de sa dette publique.

En cas de succès, le pays pourrait obtenir un nouveau plan d'aide international.

 

Extrait de Challenges.fr

 

Commentaire:

 

Preuve une fois de plus s'il en était besoin, que des aides publiques vont directement enrichir des créanciers privés, dont des banques !

 

L'Europe a perdu le sens des mots, car comment encore parler de souveraineté pour un pays tenu en laisse par des comptes séparés et donc non seulement contrôlé mais bientôt dirigé à 100% ?

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 16:08

 sur TF1 NEWS (...)

Jean-Luc Mélenchon : "Standard and Poor's a été obéie"
"Nicolas Sarkozy vient d'annoncer un troisième plan d'austérité", estime le candidat du Front de gauche à la présidentielle, en commentant sombrement : "Standard and Poor's a été obéie. Cela va saigner. La ponction annoncée pour servir la finance sera supportée à 85% par les ménages. Le capital y contribuera six fois moins. J'annonce même qu'il n'y contribuera pas du tout. Car les mesures qui frappent le peuple s'appliqueront tout de suite, tandis que celles qui toucheraient le capital sont reportées au lendemain de l'élection. Des milliers de jeunes seront poussés hors de l'école pour aller en apprentissage. Terrible nouvelle, les salaires et le temps de travail seront négociés dans l'entreprise et la loi n'y pourra rien. Enfin le logement sera de nouveau dérégulé, soi-disant pour baisser les loyers. Jusqu'au bout, le président sortant aura cherché à enfumer les Français".

 

Marie-George Buffet : "injuste et inefficace"
Pour la députée communiste et ancienne patronne du PCF, "le candidat président a mobilisé six chaînes pour nous rejouer la partition de l'austérité obligatoire. Décidément au Fouquet's on nous repasse toujours les mêmes plats : serrage de ceinture pour les salarié-e-s et cadeaux aux patrons avec en prime la casse du code du travail au nom de la "négociation" par entreprise. Nouvelles exonérations patronales du financement de la sécurité sociale mais augmentation de la TVA qui est l'impôt le plus injuste (...) Avec la remise en cause du droit aux 35h, on demande aux salariés de choisir entre leur emploi ou leurs salaires ; ou travailler plus ou gagner moins ! Tout cela est injuste et inefficace".(...)

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 17:40

Comment l’Equateur s’est libéré de la dette

La dette et la soumission des Etats aux banques qu'elle entraîne n'ont rien d'une fatalité. Plusieurs peuples latino-américains s'en sont affranchis avec succès. C'est notamment le cas de l'Argentine, du Venezuela et de l'Equateur. Nous expliquons ici comment le gouvernement Correa s'y est pris en Equateur pour faire passer la dette de 24 % à 11 % du PIB sans faire payer le peuple.

 

  I ) Lien entre l'arrivée au pouvoir de Correa et la lutte contre la dette illégitime

Pour comprendre la dynamique de l'audit intégral de la dette publique en Équateur, il faut revenir sur le poids qui représentait le service de la dette dans l'économie équatorienne et sur le rôle important que la lutte contre cette dette illégitime a joué dans l'arrivée de Correa au pouvoir.

 

a) La dette Publique en Équateur avant l'audit

La dette publique contractée par les dictatures des années 70 en Équateur (1976-1979) n'a pas cessé de s'accroitre entre 1970 et 2007. Pendant cette période, l'État équatorien a remboursé 172 fois le montant de la dette de 1970 1 mais le volume de cette dette a été multiplié par 53.

Un exemple qui montre l'ampleur du transfert de fonds publics équatoriens vers le système financier privé : entre 1990 et 2007, la Banque Mondiale (à travers la Banque internationale pour la reconstruction et le développement – BIRD) a prêté 1,44 Milliards de US$ à l'Équateur alors que celui-ci lui a remboursé 2,51 Milliards de US$ (transfert net donc d'environ1,07 Milliards de dollars uniquement avec la Banque Mondiale).

Depuis les années 80 et jusqu'en 2005, le service de la dette représentait environ le 50% du budget de l'état (entre 3 et 4 milliards de US$ par an) alors que les dépenses en santé étaient d'environ 4% (autour de 400 millions de US$)2.

Comme en Grèce, la dette a été l'outil du FMI mais aussi de la Banque Mondiale pour imposer les plans d'austérité, les privatisations et les reformes structurelles (qui sont allées jusqu'à modifier la constitution équatorienne à plusieurs reprises). Cela prenait à chaque fois la forme de « lettres d'intention » (sorte de contrat qui fixait la feuille de route des reformes à mettre en place) que l'Équateur signait pour avoir accès à des prêts auprès de ces deux organismes au fur et à mesure que les mesure prévues dans celles-ci devenait effectives.

Évidemment cela a impliqué une énorme instabilité politique liée aux forts mouvements sociaux du pays, le peuple ne voulant pas accepter les différents plans austérité qui se succédaient sans fin, ainsi entre 1997 et 2007 l'Equateur a connu 7 présidents différents (trois renversés par des manifestation populaires: Abdala Bucaram, Jamil Mahauad et Lucio Gutierrez).

A chaque moment de instabilité, le FMI et la Banque Mondiale en profitaient pour restructurer la dette : à plusieurs reprises, la restructuration de la dette s'est faite en souscrivant un nouvel emprunt couvrant la totalité de l'ancienne dette, ce nouvel emprunt ayant des clauses et des conditions chaque fois plus difficiles à assumer par l'Équateur (...)  Profitant ainsi faire signer des nouvelles lettres d'intention (les prix sur le marché secondaire des titres de la dette baissaient à cause de l' instabilité politique).

 

b) L'arrivée au pouvoir de Correa et le lien à la lutte contre la dette

Suite au soulèvement populaire qui a mené à la destitution de Président Lucio Gutiérrez (auto-proclamé le meilleur allié de Bush!!), le 20 avril 2005, un gouvernement de transition se met en place, le vice-président de l'époque, Alfredo Palacio devient alors le nouveau Président de l'Équateur. Rafael Correa est nommé alors Ministre d'économie et des finances.

Très vite il va critiquer les projets de Traité de Libre Commerce (TLC), mais surtout il décide de s'attaquer au FEIREP (Fondo de Estabilización, Inversión y Reducción del Endeudamiento Público – Fond de Stabilisation, Investissement et Réduction de l'Endettement Public). Il s'agit d'un fond mis en place en 2002, sous la pression du FMI, par la « Loi organique de Responsabilité, Stabilisation et Transparence Fiscale ».

Ce fond, destiné à gérer les revenus issus de l'exploitation du pétrole (axe principal de l'économie équatorienne) stipulait que le 70% des revenus pétroliers devaient être destinés au service de la dette publique (paiement de la dette et achat/vente des titres pour maintenir un prix élevé de ceux-ci), 20% devait servir à la stabilisation du prix du pétrole et 10% devait être destiné à l'investissement social.

Correa veut faire changer la loi et mettre 80% des revenus pétroliers au service de l'investissement social (éducation, santé, création d'emplois…) et uniquement 20% au service du paiement de la dette. La Banque Mondiale menace alors de ne plus prêter de l'argent à l'Équateur si une telle loi était votée.

N'ayant pas le soutien du président Palacio, Rafael Correa a préféré démissionner (il n'est resté que quatre mois au gouvernement) que se plier à la Banque Mondiale. Ceci devient le premier pas de la marche qui le mènera jusqu'à la présidence de la République.

II. La Commission pour l'Audit Integral de la dette Publique (CAIC – Comision para la Auditoria Integral del Crédito Publico)

Correa prend ses fonctions le 15 janvier 2007. Il réduit tout de suite le poids du service de la dette dans le budget de l'État à 25% (il était de 47% en 2006). 3 Le 9 jullet 2007, Rafael Corea crée par un décret présidentiel, la Commission pour l'Audit Intégral de l'Endettement Public (Comisión para la Auditoría Integral del Crédito Público –CAIC ).

 

La définition de l' « Audit Intégral » dans ce décret est la suivante:

« Action fiscale orienté vers l'examen et l'évaluation du processus de contractualisation et/ou renégociation de la dette publique, l'usage de ces ressources et l'exécution des programmes et projets avec financement externe, avec le but de déterminer sa légitimité, transparence, qualité, efficacité, efficience, considérant les aspects légaux, économiques, sociaux, de genre, régionaux, écologiques et des nationalités et peuples ».

La commission était conformée par 12 membres issus des mouvements sociaux et des ONG équatoriens et 6 membres issus de campagnes internationales pour l'annulation de la dette du tiers-monde et 4 représentants de l'État (Ministère de « Hacienda », Tribunal des Comptes, Commission anti-corruption et l'administration fiscale).

Cette commission s'est réunie pour la première fois le 23 juillet 2007 et elle a rendu son rapport final au président Correa le 23 septembre 2008 et au public le 20 novembre 2008. L'assemblée constituante, qui se réunit à partir du 30 septembre 2007 travaillera de très près avec la CAIC (Alberto Acosta, présidente de l'assemblée constituante état l'ancien leader du mouvement pour l'annulation de la dette), ce qui aboutira à la rédaction de plusieurs clauses sur la dette publique dans la nouvelle constitution .

L’audit équatorienne a commencé par une enquête sur tous les documents concernant les obligations émises par l’Etat («contrat d’obligations», «contrat d'agence», «contrat de garantie", les fichiers joints, les conditions…).

Cette analyse a mis en lumière de nombreuses clauses illégitimes :

  • Anticipation des échéances pour la totalité des remboursements de la dette en cas de défaut de paiement
  • Révocation de la souveraineté
  • Contrainte du Procureur général à signer dans le sens de la demande des créanciers
  • Contrats empiétant sur les lois et la Constitution du pays
  • Déclaration dans laquelle les parties affirment que le contrat ne viole aucune loi du pays, et qu’en cas d’illégitimité, il ne peut pas être contesté

De plus, en procédant à des simulations de paiement sans intérêt, cet audit a explicité les mécanismes qui génèrent la dette publique.

D’autre part, l’audit de la dette a dévoilé instrumentalisation juridique de la nation au profit des banques privées.

Ainsi la loi de « responsabilité fiscale » avait permis de donner le privilège du paiement de la dette publique avant toute autre dépense publique, limitant ainsi toute dépense sociale et ne fixant aucune limite pour le cout de la politique monétaire. »

Le rapport de la commission juge que la totalité de la dette commerciale de l'Équateur est illégale et/ou illégitime. Ainsi, à partir de novembre 2008 Rafel Correa suspend le paiement d'une grande partie de la dette (il se déclare en « default », c'est à dire moratoire pour tous les bonds Global 2012 et Global 2030 qui représentent le 85% de sa dette commerciale).
Au total, Le gouvernement équatorien refuse de payer le 70% des bonds de la dette équatorienne, jugés illégitimes. Leur valeur va alors chuter d'environ 80% dans le marché secondaire. L'équateur va alors utiliser 800 millions de US$ pour acheter des bonds pour 3 Milliards de sa propre dette (cela signifie pour le pays une économie totale de 7 Milliards de US$).

En 2006, la dette publique externe était de 10,2 Milliards de US$ et représentait le 24% du PIB. En mars 2010 son montant était de 8,68 Milliards de US$, ce qui représentait le 15% du PIB. Selon, Piedad Mancero, économiste membre de la CAIC, les prévisions pour le service de la dette en 2011 seraient de 11,7% du budget de l'État (le budget 2011 est 23,9 Milliards de US$).

Aujourd'hui l'Équateur n'a plus recours au marché international de la dette dont les agences de notation lui ont coupé l'accès. C'est pour cette raison que l'Équateur est un des moteurs principaux de la Banque du Sud et la nouvelle architecture financière qu'elle propose. La construction d'une nouvelle intégration Régionale Latino-américaine est la seule perspective possible pour que l'Équateur ne voit pas revenir les dangers de l'endettement à nouveau.

 

Source :  Front de Gauche

 


 

1 Dette publique extérieure en 70: 195 Millions US$ – Source: Banque Mondiale (Global Development Finance 2007)
2 Dette publique externe en 3 juillet 2007: 10,4 Milliards US$ – Source Ministère Économie et Finances Équatorien, Willian Hugo Arias Palácios, coordinateur de l'Audit sur a dette Commerciale de l'Equateur (dans film documentaire « Debtocracy »)
3 Rapport de la Commission pour l'Audit Integral de la Dette Publique (CAIC)

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  • : Le blog a été créé le 14/06/2007 en vue d'un programme social, économique et politique nettement égalitaire, démocratique et à gauche. Toute présentation sur internet différente de la nôtre -notamment avec de nombreuses publicités- n'est pas de notre responsabilité. L'article fondateur de la coordination suite au 6 mai 2007 est le premier inscrit en date sur ce blog. La rédaction d'un programme arrimé à des principes fondamentaux et écrite en quatre ans est intitulée "programme de A à Z". La lettre "i" nous a inspirés pour parler d'investissement. A la lettre "K" nous sommes keynésiens c'est-à-dire pour le maintien du pouvoir d'achat et d'une saine consommation. Ce qui fait fonctionner normalement le cercle économique. Pour le "N" nous tentons d'expliciter ce qu'est un "NON" avec un rappel des 55% de votants opposés à l'Europe de 2005. Monique Renouard Bretagne. Nous exprimons nos condoléances à toutes les victimes des attentats avec une grande tristesse en évitant d'exciter la haine et en appelant les gouvernants à ne pas se tromper de cible. 19 août 2017.
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