28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 08:30
«Comme des millions de Français, j’ai le cœur qui saigne ce soir, en voyant dans quel état est mon beau pays. La France est entrée en éruption. Il ne faut pas se cacher l’importance de l’événement qui vient de se produire ce soir dans les urnes. Le peuple souverain a parlé, nous nous inclinons, mais c’est un événement considérable. Il atteste du fait que l’hégémonie culturelle, l’idée dominante, ce n’est pas que les financiers sont les responsables de la crise. Par toute sorte de moyens, d’aucuns ont réussi à imposer l’idée que c’étaient les immigrés, que c’étaient les mœurs, que c’était la nature du mariage qui posaient problème dans ce pays. Si bien que, en France comme dans de nombreux autres pays d’Europe, c’est une vague brune qui se lève. «L’histoire qui vient à notre rencontre est celle, assez déprimante, d’un vieux continent incapable de sortir de ses crises autrement qu’en inventant des désastres immenses de civilisation. On permettra au moins un instant qu'on ne fasse pas semblant de se dire que tout continue comme avant. Parce que, en vérité, rien ne continuera comme avant. «Comment nous en sommes arrivés là, nous autres les Français et nous autres à gauche ? Ce n’est le moment d’en faire l’inventaire. Mais il est clair que la responsabilité échoit d’abord à ceux qui, lorsque les événements s’avançaient, nous ont volé les mots pour les pensées. Lorsqu’on ose appeler de gauche une politique économique de droite, lorsqu’on ose se dire héritier de Jean Jaurès au moment où l’on rallonge le départ de l’âge à la retraite, lorsque l’on prétend défendre un modèle social au moment même où on le détruit, alors oui les mots n’ont plus de sens, et, dès lors, il est difficile de penser le futur. De toutes les fautes innombrables commises par cette équipe, qui est à l’Elysée, la faute, le crime le plus impardonnable est de nous avoir volé les mots. Si bien que la gauche est à son plus bas niveau de son histoire depuis je ne sais combien de temps, peut-être 1958. «Il faut tout reconstruire, Pierre Laurent l’a dit à cet instant et j’en suis complètement d’accord. Résumons : le Front national en tête, c’est suffocant pour la France. Le Front de gauche au niveau auquel il se trouve, c’est insuffisant et, à quelques égards, c’est cuisant. Je ne confonds pas notre score à tous avec le mien. Extrait : «...Que de travail à faire. Comme nous avons été isolés dans nos tentatives d’explications. Comme nous avons été maltraités… Bon, c’est la vie, il faut faire avec. Et nous-mêmes nous avons dû commettre assez d’erreurs, je le sais bien. Qui est parfait ? Ça n’existe pas. «La tâche qui nous échoit maintenant est de très grande ampleur parce que nous avons stabilisé nos voix, mais le reste de la gauche est en déroute. J’ai entendu dire tout à l’heure que la stratégie d’opposition de gauche était un échec mais je ne crois pas que celle du zigzag ait été un succès, ils ont perdu la moitié de leurs voix. Pour parler de nos amis d’Europe-Ecologie-les Verts. Quant aux socialistes, maintenant, ils sont devant une responsabilité historique, je les préviens d’avance. Aucun d’entre nous n’est prêt à participer à d’obscurs rassemblements sans principe qui ne commencent par une rupture avec la politique qui est conduite. «Mais, une nouvelle fois il faut le dire, la bataille est continentale. Nous allons reprendre les outils du combat, travailler à notre place. Il faut absolument que nous réussissions le rassemblement de ceux qui veulent rompre avec cette politique d’austérité à gauche. Il le faut absolument. Le Front de gauche ne réclame rien pour lui, ni honneur, ni titre, rien. Rien sinon cette union dans la clarté qui permette à notre pays d’avoir une alternative. Qui ne soit pas enfermée dans cette tenaille diabolique ou bien être d’accord avec la main qui nous frappe, ou bien être enfermé dans le même camp que la main qui nous frappera encore plus dur demain si on lui laissait le pouvoir de le faire. «Si modestes que nous soyons à cet instant, notre ambition n’a pas reculé. La lumière qu’allument nos camarades grecs, je forme le vœu qu’elle éclaire notre pays. Et surtout que l’idéal qui a toujours été celui des Français, qui fait leur identité, liberté, égalité, fraternité, n’aille pas être abaissé, avili, dans cette expérience hasardeuse et calamiteuse que proposent le Front national et l’UMP qui pour finir n’en est que le petit répétiteur comme chacun a pu le voir l’autre soir sur France 2. «En tout cas, ce que je peux dire ici au nom de tous mes camarades : nous nous présentons unis, nous sommes unis et nous le resterons. Il y a des difficultés, toujours, parce que c’est pas évident de savoir de quel côté aller. Aucun d’entre nous n’a trouvé dans son berceau un manuel de stratégie qui nous dit ce qu’il faut faire à chaque étape. Il nous faut inventer, trouver, découvrir. Mais nous sommes et nous resterons unis. Nous sommes le point d’appui du futur, la force qui ne chancelle jamais, qui se relève toujours, y compris de ses difficultés internes. «Va la France. Va ma belle patrie. Allez les travailleurs, ressaisissez-vous. Ne laissez pas que tout ça soit fait en votre nom. Ne permettez pas que la France soit autre chose que ce qu’elle est dans le cœur du monde entier.» LIBERATION du 26 mai 2014 voir l'intégralité et la vidéo

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